jeudi 31 juillet 2008

L'ATTIRANCE, Auteurs : Flor Lurienne et Léonore Chaix

La journaliste :

Bonjour, aujourd’hui nous avons la chance de recevoir l’Attirance, l’Attirance, Bonjour.

L’Attirance :

Hello !

La journaliste :

Comment vous sentez vous, l’Attirance ?

L’Attirance :

Chaude de la pince !

La journaliste :

Vous faites partie des ATT… : des Mots commençant par les lettres « a-t-t » : les « Acharnés des Titillements Tyranniques » :, attraction, attributs, attouchement, attroupement, attiser, attention, attrape-moi, attrape-mouches »… OUH !

L’Attirance :

Il fait chaud, hein ?

La journaliste :

Oui ! Je suis très excitée de vous recevoir… Avec vous, c’est le retour des premières fois, ça bourgeonne, les températures s’affolent, c’est le début des débuts…

L’Attirance :

C’est surtout le début des emmerdes, oui !

La journaliste :

Alors on y vient… C’est toujours risqué de vous rencontrer, l’Attirance ?

L’Attirance :

Pas toujours, ça dépend de mon Titillomètre ! !(elle le sort)

La journaliste :

C’est quoi ce machin ?

L’Attirance :

C’est mon Titillomètre ! Je le trimballe partout. Vous voyez, ça fonctionne un peu comme…Comme l’Échelle de Richter.

Regardez, entre nous, l’aiguille est à 2, quasi nul.

Mais si elle monte à 3/ 3-9 ça commence à fourmiller : cœur qui s’emballe, assèchement des babines etc…

La journaliste :

Vous n’avez pas mieux comme bouleversement ?

L’Attirance :

Si ! quand l’aiguille monte à 5/ 5-9, ça commence à titiller sévère : tremblements, puissants jaillissements, débordements des moiteurs souterraines…

La journaliste :

Ah… Et sur 8, là ?

L’Attirance :

Ah, ben là, il y a saturation. C’est le brasier, la foudre !

Mais là quelque part, ça ne me concerne plus : je refile le bébé à la Passion.

La journaliste :

Vous la voyez souvent ?

L’Attirance :

Bien sûr ! je suis chasseuse de têtes pour la passion.

Je travaille pour elle, mais il y en a plein d’autres : le manque… la désillusion…

La journaliste :

Écoutez l’Attirance, il y a quelque chose qui me turlupine

L’Attirance :

Normal…

La journaliste :

Je ne vous comprends pas. Parfois vous débarquez alors qu’on ne vous a rien demandé…

L’Attirance :

Ah ! Ca c’est vraiment moi…

La journaliste :

Et puis parfois, on a tout préparé, on vous attend comme le messie, (on s’est rasé la touffe), on s’est gonflé au maximum en se récitant à voix basse « les 11000 verges d’Appolinaire » et vous venez pas…

L’Attirance :

Ah, ah… les vents contraires, c’est ma spécialité… J’ai toujours été rebelle

La journaliste :

Je ne m’y retrouve plus ! Expliquez-moi !

L’Attirance :

Ne me criez pas dessus, je ne tiens qu’à un fil, vous savez.

Il suffit d’un rien pour me faire vasciller : un mot déplacé, une odeur incongrue... et paf, je m’éteins.

La journaliste :

Vous êtes vraiment une Femme phare. Vous ne voulez vraiment pas me dire ce qui vous allume et vous éteint comme ça ?

L’Attirance :

Écoutez, Mademoiselle, je ne vais pas vous faire un cours d’électromagnétisme. Non, je ne suis pas une phéromone, je suis un phénomène ! Acceptez l’inexplicable. En tous cas ne comptez pas sur moi pour vendre la mèche.

La journaliste :

Dites-moi au moins comment faire durer la flamme, l’Attirance !

L’Attirance :

Vous connaissez la théorie du gâteau ?

La journaliste :

Heu, non ?

L’Attirance :

C’est tout simple : une fois qu’on y a goûté, où est l’intérêt ?

La journaliste :

Vous voulez dire que vous préférez baver devant la vitrine ?

L’Attirance :

Ah, mon Titillomètre, il vibre, attendez… où qu’il est ? Ah j’étais assise dessus ! Vous me cachez quelque chose, vous ! Regardez, il est à 8.

La journaliste :

Vous m’avez alléchée avec votre théorie du gâteau

Vous faites quoi, ce soir ???

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